L'évolution du climat
Il est actuellement politiquement correct de décréter que l'augmentation des températures enregistrées dans les zones tempérées est due essentiellement à la pollution, dégagée par l'activité industrielle, le chauffage et les transports, et qui crée ce qu'on appelle l'effet de serre.
Or on constate en réalité qu'il n'y a pas de réchauffement général de la planète. Les changements climatiques doivent peu à l'effet de serre, qui est indispensable à la vie sur Terre. En effet, l'année 1999, la plus chaude du siècle a été encadrée par les deux hivers les plus froids globalement de l'Histoire. Nous avons encore sous les yeux les chevaux gelés de Mongolie. Le dernier hiver russe a été particulièrement dur. Pendant deux semaines au début de l'année en cours, la température est descendue à -60 °C en Sibérie centrale et méridionale, ce qui a eu pour résultat de faire mourir d'hypothermie plus de 100 personnes dans la région de Moscou. L'Inde a elle aussi connu des températures anormalement froides dans sa partie nordique, qui se sont soldées par 130 morts. En Bolivie, d'importantes tempêtes de neige se sont abattues sur les Andes en juin. On leur attribue plusieurs dizaines de morts dans des villes comme La Paz, El Alto et Tajira. On a aussi enregistré des froids records en Suède même si, globalement, l'hiver dans ce pays a été plus chaud que la normale.
Comment expliquer cet aléa paradoxal puisqu'on nous assure depuis les années 1980 que l'augmentation du taux de CO2 provoque un réchauffement de la planète, qui à son tour fait monter le niveau des océans...
Les choses ne sont pas si simples ni linéaires. Pour le moment, nous ne savons quasiment rien. Certes, l'effet de serre nécessaire au développement de la vie sur la Terre est en voie de modification. Mais le gaz carbonique n'est pas le seul facteur en cause. D'autres facteurs peuvent être cités à comparaître.
Nous savons que la planète a connu de nombreux bouleversements climatiques. Le Déluge est probablement le premier souvenir que nous gardons de cette histoire, lorsque "l'eau monta durant quarante jours et quarante nuits".
Or ce Déluge n'est que le dernier en date. La cryosphère, la croûte de glace sur le globe, a subi d'innombrables gels et dégels réglés par une montre à complication. Son cadran marque une excentricité de l'orbite terrestre tous les 100'000 ans, une oscillation de l'axe polaire tous les 41'000 ans, une précession des équinoxes tous les 19'000 et 23'000 ans et enfin une modification des taches solaires agissant sur les rayons cosmiques tous les 11 ans. Chaque fois le thermostat du globe réagit. Nous sommes soumis à un régime de douche écossaise. Et nous sommes peut-être à la veille du prochain coup de froid alors que l'on nous annonce un réchauffement!
Que se passe-t-il? Depuis la fin de la guerre froide les informations concernant la météo de l'Arctique, gardées jusqu'alors au frigo parce que stratégiquement sensibles, ont été déclassifiées. Au milieu des années 90, nous apprenons ainsi que les régions entourant le pôle Nord se sont refroidies durant les précédentes décennies au lieu de se réchauffer comme le voudraient les modèles prévisionnels. Ces modèles constituent la base du prêt-à-penser climatique actuel. Ce sont les versions traduites en langage numérique des modèles de Hadley, Coriolis et Ferrel, des savants des XVIIIe et XIXe siècles. Dans ses grandes lignes, la version standard de l'IPCC, Intergovernmental Panel on Climate Change, se présente ainsi: La troposphère, première couche de l'atmosphère, qui entoure le globe est cloisonnée en cellules, comme une pelure d'orange coupée horizontalement en six. Trois tranches de part et d'autre de l'Equateur. Les vents se meuvent de façon autonome dans chaque cellule. La ligne de partage des deux tranches extrêmes dessine les fronts polaires.
Ce modèle prévisionnel cellulaire a d'autant moins été remis en cause que durant le dernier demi-siècle nous ignorions tout de ce qui se passait dans la calotte nord et que celle du sud était peu observée. Pourquoi alors esquisser un modèle dans lequel s'inscriraient jour après jour les prévisions météorologiques puisque les perturbations constatées pouvaient être attribuées à l'augmentation du CO2.
Or nous apprenons qu'au lieu de se réchauffer, l'Arctique se refroidit sensiblement. On peut alors examiner un nouveau modèle s'appuyant sur des travaux récents de Marcel Leroux, géographe climatologue français. Ce modèle a le mérite de remettre les pendules à l'heure de la montre à complication décrite plus haut. N'en déplaise aux écologistes et scientifiques encore à l'heure officielle de l'IPCC.
On y découvre les AMP, anticyclones mobiles polaires. Ce sont de vastes lentilles d'air glacial de 1500 km de rayon et autant d'épaisseur générées quotidiennement par les pôles. Denses, ces lentilles glissent au raz du sol, sous les couches d'air chaud plus légères, contournant les reliefs. Elles ne se préoccupent guère des fronts polaires et autres cellules de Ferrel. Elles déferlent sans retenue dans les plaines de l'Amérique du Nord et d'ailleurs, semant le gel et la désolation. Arrivées sous les tropiques, elles provoquent la condensation des vapeurs d'eau. L'expérience montre que toute évaporation produit du froid, et que toute condensation produit de la chaleur. La condensation dans l'étuve tropicale dégage une chaleur intense et l'assèchement de l'air. C'est alors que s'élève la cheminée équatoriale qui propulse l'air sec et chaud jusque dans la stratosphère. Là, il se refroidit et, plus lourd, redescend à toute allure en jet-stream dans les deux hémisphères.
Le schéma de Leroux permet de comprendre, à partir du refroidissement polaire constaté, comment les catastrophes s'enchaînent de la Mongolie à l'Arkansas, de Cuba à l'Algérie. Plus l'air polaire est froid plus il libère des énergies fantastiques en condensant l'humidité intertropicale.
A ce point de la démonstration, on peut reprendre la question de l'effet de serre en le couplant avec le degré d'humidité de l'air. La capacité de l'air d'absorber les infrarouges émis par la surface, est augmentée par divers gaz dont le CO2. Mais elle l'est aussi par une augmentation de sa teneur en eau. Or les océans représentent les 7/10 de la surface terrestre et contribuent pour les 9/10 au flux de vapeur d'eau dans l'atmosphère.
Les océans sont donc à la fois l'humidificateur et le réfrigérateur de la Terre. Or, comme chacun sait, l'eau froide est plus lourde que l'eau chaude. Réfrigérée par les anticyclones mobiles polaires, elle s'enfonce dans les mers. Il s'ensuit un chassé-croisé dans les abysses marins réglés depuis la nuit des temps aussi bien par la densité et la salinité des eaux que par la gravitation et la rotation du globe. Personne, à ce jour, se risquera à dresser le bilan de ces échanges et à prédire le sens de leur évolution.
Cette approche globale serait incomplète si on n'examinait pas le cycle de l'eau douce et ne posait de nouveaux problèmes. D'abord il faut distinguer l'eau prélevée et l'eau consommée. Si l'eau d'usage domestique et industriel est restituée aux mers plus ou moins polluées, l'eau agricole s'évapore. Globalement les 9/10e de la consommation d'eau passent par l'agriculture pour rejoindre l'atmosphère. Avec trois effets:
Actuellement on note que la consommation en eau augmente plus vite que la consommation d'énergie. Cette inversion est attribuée au passage du riz aux céréales et à une demande accrue de viande, par suite de choix culturels. Et, ô surprise, ce n'est pas en Asie mais bien en Europe que l'irrigation se développe le plus rapidement.
Presque tous les bassins fluviaux des cinq continents sont aménagés ou en voie d'aménagement. Déjà le 5% du débit total n'atteint plus les océans. Or cela ne suffit pas. Pour faire l'appoint, les eaux fossiles sont pompées. Les réserves d'eau fossile sont immenses, de quoi cultiver du blé dans le désert d'Arabie, des tomates en Libye et accessoirement de faire monter de quelques mètres le niveau des mers.
Malheureusement ces nappes ne sont pas communicantes. Les populations qui en dépendent sont confrontées localement à leur épuisement. Ainsi dans le désert de Syrie, les habitants de Palmyre savent que la prochaine génération sera sous stress hydrique. De plus, il faut évoquer aussi l'effet collatéral de l'irrigation: la salinisation de la terre. L'eau qui s'évapore laisse dans les sols les sels minéraux dont elle est chargée. Faute de recevoir les pluies qui lessivent la terre et emportent les sels à la mer, les sols meurent.
Il faut donc s'interroger également sur les relations entre le volume d'eau consommé, le réchauffement de la planète et la durabilité des établissements humains.
Ces interrogations et les coups de semonces atmosphériques ont fait naître ce "climat de panique". Il faut d'urgence faire quelque chose. Ce sera donc la lutte contre les émissions de CO2, car c'est politiquement faisable et économiquement rentable, comme l'ont montré les accords de Marrakech en 2001.
Par exemple, les autorités russes y ont signé le contrat du siècle. La reforestation de la Russie lui ouvre un crédit de 33 millions de tonnes de carbone par an. Une quantité bien supérieure à ses propres besoins. La Russie pourra donc vendre au Japon des bons actions de reboisement qui lui évitent ainsi de planter des arbres sur son territoire trop exigu. Les lois du marché et les règles de bonne conduite écologique sont sauves.
Il n'empêche que les terres sur lesquelles nous sommes confinés entretiennent encore avec l'air, l'eau et le soleil des rapports dont les règles nous échappent pour l'instant.
La fonte des glaces et les changements climatiques
Une contribution de Jean Marc De Groote au débat en cours
Avant d'aller plus loin dans ce sujet, je me présente rapidement. Je suis géographe, mon mémoire de licence portait sur les dépôts morainiques de la partie aval du Val d'Hérens dans le canton du Valais en Suisse. Ensuite, je suis Docteur en Sciences de l'Université de Bruxelles, ma thèse de doctorat a été réalisée en glaciologie et en particulier sur le glacier du Grüben qui surplombe le val de Saas. Elle contribua à l'étude des différenciations entre isotopes stables de l'Oxygène et de l'Hydrogène lors des changements d'état, en particulier à la base des glaciers alpins.
Le texte qui suit n'engage que moi et nullement les institutions qui m'ont diplômé.
Je voudrais tordre le cou à une grande légende contemporaine: la fonte des glaces et en particulier celles de l'Antarctique.
Il existe trois types de glaces naturelles significatives à la surface de globe (je ne parle ni des lacs gelés en hiver, ni du contenu de mon frigo qui ne sont que des phénomènes purement conjoncturels):
Les banquises
Une banquise est formée d'eau de mer gelée en surface. Ce gel se produit lorsque la température de l'air descend sous environ –6°C, l'agitation de la mer est un facteur important, le gel effectif semble pratiquement inéluctable vers –15°C et le dégel vers –3°C. Autrement dit, pour des surfaces importantes la banquise se forme en hiver pour se disloquer en été. Son épaisseur est fort faible et peut à certains endroits être nulle: il y a des "trous" qui semblent lui permettre de résister aux variations du niveau de la mer sous-jacente. Ceci explique que le premier sous-marin atomique US ait pu faire surface au pôle nord exactement (à la précision du sextant près) à un endroit où la banquise est pérenne. Il est clair que si les surfaces concernées sont importantes le volume impliqué est extrêmement faible. En effet, à ma connaissance, personne n'a pu mettre en évidence une variation du niveau de la mer en fonction des saisons. Le phénomène étant très "limite", la moindre variation climatique peut avoir des conséquences importantes en termes de surfaces gelées, quelle qu'en soit l'origine .
Les glaciers tempérés
Les glaciers dits tempérés, soit la quasi totalité des glaciers des Alpes par exemple, sont des corps dont la température est exactement à 0°C. Ils doivent leur existence au fait qu'il est nécessaire de disposer d'autant de calories pour passer de l'état solide (-0°C) à l'état liquide (+0°C) que pour passer de –35°C à –0°C (je raisonne avec de l'eau distillée mais les impuretés dans le glacier ne font que déplacer de quelques degrés la démonstration). Ici également nous avons affaire à un système "limite". Ici encore, les moindres variations induisent des variations importantes et il est difficile de mettre en évidence l'effet de la révolution industrielle. Le grand public consultera avec intérêt "La Suisse et ses glaciers" et en particulier les chapitres "Le climat depuis l'époque glaciaire" (Wilfried Haeberli et Fritz Scheingruber) et "Les variations glaciaires des temps modernes" (Markus Aellen) tous de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich. Le premier montre que le réchauffement date des années 1600 mais que les écarts, même à l'échelle de la vingtaine d'années, sont importants. Le second montre que le glacier du Rhône a plus reculé de 1600 à 1900 que de 1900 à nos jours. L'ouvrage en question existe(ait) en français (ISBN 3-259-08392-8), anglais et allemand, je présume qu'il a été réédité. Vu la très haute qualité de celui-ci je ne puis qu'en conseiller la lecture à tous ceux qui veulent comprendre le fonctionnement du paysage de type alpin et en particulier à ceux qui y vivent.
Les glaciers froids
Les glaciers froids ont une température nettement inférieure à 0°C, il s'agit pour l'essentiel de la calotte glacière de l'Antarctique et du Groenland. C'est là que se trouvent les fameuses réserves d'eau douce de la planète. Les deux premiers types de glace sont, en comparaison, totalement insignifiants. Il s'agit de l'accumulation des précipitations neigeuses dont les plus anciennes remontent à –160.000 ans. Elles semblent donc disposer d'une stabilité remarquable par rapport aux changements climatiques; la dernière période glaciaire ne remonte qu'à 10.000 ans. A certains endroits l'épaisseur de la glace dépasse les milliers de mètres.
C'est donc ici que porte l'essentiel du débat. Quels sont les points les plus souvent entendus?
Le premier point m'amuse énormément. En effet le volume de glace est tout à fait considérable et, de plus, il s'agit de glace extrêmement pure. Pour l'analyser les laboratoires doivent prendre des précautions importantes: la poussière dans l'air du laboratoire est un facteur polluant risquant de fausser les mesures d'une manière catastrophique. Mais il ne s'agit pas d'eau mais bien de glace. Autrement dit, comme elle est là, elle ne sert strictement à rien!
Pour utiliser la glace de l'Antarctique, il faudrait la faire fondre. Or c'est justement ce que certains animateurs du débat en cours redoutent le plus. Pour l'utiliser, pour l'homme lui-même, l'agriculture, l'élevage elle doit être sous forme liquide. Réinjectée dans l'écosystème global elle arrive très vite à la mer et provoque les catastrophes attendues. Donc considérer la calotte antarctique comme une réserve d'eau et non de glace est un moyen très sûr d'arriver au drame.
Le second point mérite une analyse un peu plus détaillée.
Tout d'abord nous avons relevé que le réchauffement climatique a débuté vers 1600 soit 200 ans avant l'invention de la machine à vapeur et qu'il est pour le moins rapide d'attribuer exclusivement aux rejets de CO2 le réchauffement actuel. Je n'ai pour autant pas dit que ceux-ci n'avaient aucune importance et qu'il fallait faire n'importe quoi.
Pour comprendre les conséquences du réchauffement il importe de se poser tout d'abord une question: Comment fonctionne ce système?
Nous pouvons le schématiser par Input – Translation - Output.
Quelles sont les conséquences d'un réchauffement climatique?
En conséquence, une hausse de la température moyenne, dans l'ordre de grandeur de ce qui est prévu, a pour effet d'augmenter les précipitations (soit l'alimentation du système), mais ne change pas grand chose au déplacement de la glace à court terme (translation), ni à l'output du système. Donc, dans un premier temps (quelques centaines ou milliers d'années), la conséquence est une accumulation de glace sur les calottes, une augmentation en altitude de celles-ci, donc une diminution de leur température à la surface et une augmentation de leur rigidité. On arrive donc à cette conclusion paradoxale par rapport au "bien pensé" actuel: une augmentation de la température moyenne annuelle du globe a pour effet une diminution du niveau de la mer.
Il est cependant probable que les banquises connaîtront une diminution de surface importante et que des systèmes locaux, proches de l'équilibre, basculeront. Cependant le volume global de glace ne peut, à mon avis, qu'augmenter.
Dans un second temps, vu la masse plus importante des glaces stockées, la vitesse de translation augmentera lentement, vu l'inertie du système, et donc l'output, sous forme d'iceberg, augmentera également.
Enfin, le système peut revenir à l'équilibre. Les surfaces de banquise seront plus réduites mais la masse plus importante des calottes glaciaires induit un déplacement plus rapide et nous reviendrons, je le pense, à une situation proche de la situation actuelle.
Pour alimenter le débat d'une manière conflictuelle, mais intellectuelle, je résume ma pensée: